Troisième et dernier volet de cette compilation des techniques visant au développement des ventes, les Alternatives stratégiques supposent une décision « stratégique » à haut niveau puisqu’elles sont susceptibles d’avoir un impact important sur les investissements et l’avenir de l’entreprise à moyen et long termes.
L’innovation et le lancement de nouveaux produits, même si ils ne sont pas dénués de risques (financiers en particulier), n’en demeurent pas moins d’excellentes opportunités de développement des ventes en partant du principe que l’entreprise ne peut pas vivre éternellement sur ses produits historiques car les clients veulent de la nouveauté.
L’innovation et le lancement de nouveaux produits supposent bien entendu des ressources financières sur le moyen/long terme mais également des compétences spécifiques. Ces compétences ne sont pas seulement de l’ordre de l’ingénierie mais aussi et peut-être surtout d’ordre marketing. En effet une telle approche implique une parfaite maîtrise des techniques d’études et recherche marketing, ainsi qu’un savoir faire conséquent dans le lancement, proprement dit des nouveaux produits sans compter la gestion de projet que constitue la phase de développement.
A ce titre voici quelques principes concernant le lancement marketing d’un nouveau produit. Le lancement d’un produit suit un processus marketing précis avec deux grandes phases :
Le but est ici d’informer le marché de l’existence du produit et de ses caractéristiques au travers des supports classiques de la communication mais également d’organiser le bouche à oreille grâce à différents acteurs.
Informer
Campagne de presse sur les supports adéquats : PQN, PQR, Magazines avec de la publicité, des publi-communiqués, des articles rédactionnels,
Campagne d’affichage traditionnel ou en alternatif,
Campagne audio-visuelle: TV, Radio, Cinéma,
Campagne Internet (bannière, pop-up, e-mailing, teasing…).
Faire parler
L’objectif ici est donc de créer le bouche à oreille en se reposant sur des éléments d’influence. Trois interlocuteurs pourraient être mis à contribution :
au travers des relations presse, du dossier de presse et de divers communiqués de presse, l’ensemble pour inciter les journalistes à démultiplier l’information par des articles rédactionnels ou des interviews retranscrites dans les journaux et magazines,
et susceptibles d’influencer les décisions d’achat. Ils peuvent être sollicités au travers de présentations en avant-première, d’offres privilégiées, d’invitations à des événements institutionnels.
notamment les innovateurs et adopteurs précoces grâce au testimonial.
Le lecteur pourrait ici se reporter à des articles ou ouvrages portant sur la promotion des ventes. Cependant il convient de garder à l’esprit que la promotion des ventes dans le cadre d’un lancement de produit devrait suivre une logique particulière qui comporte plusieurs aspects. Cette logique met en jeu quatre grandes techniques : les techniques par le prix, les techniques liées au produit, les techniques de réduction des risques perçus enfin les techniques des jeux et concours. L’ensemble de ces techniques est mis en œuvre en trois étapes distinctes:
Inciter au 1er achat
L’idée est ici d’amener le client à s’intéresser au produit, à l’essayer par une incitation à l’achat. Différentes options sont possibles : la réduction de prix momentanée, le coupon de réduction, l’offre de remboursement ou une offre satisfait ou remboursé (ces deux offres, bien que similaires, n’apportent pas le même message), l’échantillonnage ou l’offre d’essai, la reprise de l’ancien, la prime associée supportée éventuellement par une opération de PLV animée. Une prime en différée et une offre croisée avec un produit historique constituent également de bonnes opportunités d’achat.
Inciter au réachat
L’objectif est ici d’amener le client, qui a déjà essayé le produit et qui a priori en est satisfait, de rompre avec ses habitudes et de passer à une consommation régulière du nouveau produit. Si cela semble assez simple, dans la pratique les déconvenues ne sont pas si rares. En effet il va s’agir de lutter contre la résistance naturelle de l’être humain au changement de ses habitudes. L’échec de cette phase peut entrainer une chute du chiffre d’affaires lorsque les clients conquis dans un premier temps retournent à leur habitude de consommation. Plusieurs outils peuvent être mis en place dans cet objectif de ré-achat comme par exemple un contenant réutilisable, un bon de réduction à valoir sur un prochain achat, une ODR sur le second achat, ce qui suppose dans les deux cas une mise en place dès la première phase d’incitation à l’achat. La prime objet ou la vente par deux (ou trois) peuvent également être exploitées.
Fidéliser
Après avoir conquit et sécurisé les clients, l’étape suivante est de les fidéliser avec un double objectif : les amener à faire perdurer leurs achats et si possible les augmenter en les incitant à multiplier les occasions de consommation. C’est une étape essentielle dans le développement des ventes dans la mesure où il faut pérenniser voir faire progresser le chiffre d’affaires acquis précédemment.
L’une des options serait de « les charger » en produit au travers de ventes par lot, en gardant à l’esprit que les ventes par lot boostent les ventes à court terme mais provoquent éventuellement un effet de dépression sur les ventes futures.
Une autre approche serait « la stratégie du cadeau » au travers de plusieurs options : la prime collection (type Amora avec les verres à whisky et autres séries de verre sous licence Walt Disney et autres Pokémon) , les contenants réutilisables (couramment utilisé par les biscuiteries bretonnes avec leurs boites métal décorées de motifs régionaux), les offres de remboursement cumulative (type 13 à la douzaine), voire les primes contenant (pratiquées dans le passé par Suze et la bière Desperado avec leurs bouteilles sérigraphiées ou Evian avec sa bouteille collector de fin d’année.
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Sinon des techniques produits peuvent également être exploitées : conditionnement girafe, produit en plus.
Le marketing international est la promotion et la commercialisation d’une marque et ses produits dans plusieurs pays, hors du marché domestique. Une stratégie à l’international suppose que l’entreprise maîtrise et par conséquent n’a plus de possibilité de développement sur son marché d’origine.
Trois grandes approches sont réalisables :
avec globalisation/internationalisation d’emblée de l’offre avec:
La création d’une marque internationale,
Une communication homogène dans le monde,
La création d’un produit ou d’une gamme internationale et identique dans le monde entier.
par le transfert de la politique commerciale domestique aux marchés étrangers ce qui conduit à :
L’exportation des produits en l’état ou création d’une gamme « export » spécifique,
Une communication sur la marque (éventuellement son origine Made in…).
avec adaptation de l’offre en fonction des particularités socio-culturelles des pays visés:
Sur la base du produit standard adaptation du produit, de son nom (création de produits « jumeaux »),
Avec adaptation de la communication,
Avec adaptation à l’environnement concurrentiel.
Techniquement la réalisation d’une stratégie à l’internationale peut s’opérer par différents canaux :
Des filiales de distribution,
Des distributeurs,
Des accords de franchise ou de licence,
Des Joint Ventures,
Des accords de Piggy Bag (simple ou croisé).
Et, entrainer un transfert de savoir-faire plus ou moins important vers les partenaires locaux voire une délocalisation totale ou partielle de la production.
A noter qu’une stratégie e-business représente une ouverture potentiellement significative vers l’international.
Les MDD peuvent constituer une alternative intéressante, mais pas sans risque, dans les techniques de développement des ventes. En fait d’apparition ancienne (XIXème siècle !) ils représentent aujourd’hui 20 % des parts de marché et peuvent même dominer dans certains rayon: traiteur, surgelés.
Phénomène majeur au Royaume Uni, il a été initié en France par Carrefour avec les « produits libres » puis toutes les enseignes se sont engouffrées dans la brèche.
Contrairement au Royaume Uni où les MDD sont positionnés haut de gamme et donc « chers », en France le positionnement est moyen de gamme avec un objectif d’optimisation du rapport qualité/prix.
La MDD en France constitue un vecteur de différenciation et d’image de marque pour l’enseigne de distribution mais également une voie de développement des ventes pour le fournisseur. Globalement les ventes d’un fournisseur sous MDD présentent de nombreux effets positifs en termes de coût comme en terme commercial, mais ce dernier doit veiller à conserver son indépendance et à ne pas sombrer dans l’exclusivité qui le lierait complètement au distributeur.
Le développement des ventes par le biais d’une MDD présente de nombreux avantages pour le fournisseur :
Importance des volumes et exploitation de l’effet d’expérience et d’économie d’échelle d’où une amélioration des coûts de production,
Accès direct à un marché national au travers de l’enseigne concernée,
Prise en charge par le distributeur titulaire des frais commerciaux,
Barrière à l’entrée de nouveaux concurrents,
Amélioration des relations

